Box-on-Wheels : Stellantis imagine la voiture qui livre sans conducteur
L’automobile française entre dans une nouvelle ère : et si le prochain véhicule n’était plus conçu pour être conduit, mais pour travailler seul ?
Stellantis Pro One vient de dévoiler une vision particulièrement intéressante de la mobilité du futur avec Box-on-Wheels (BOW), un véhicule électrique autonome conçu pour la livraison du dernier kilomètre.
Présenté pour la première fois au public le 14 septembre 2026 à l’IAA Transportation de Hanovre, le projet est développé en collaboration avec UQI Robotics, une entreprise spécialisée dans l’intelligence artificielle, la robotique et les systèmes autonomes.
Mais BOW n'est pas simplement un fourgon électrique auquel on aurait retiré le conducteur.
L'idée est beaucoup plus ambitieuse.
Une voiture qui devient une machine autonome
Traditionnellement, un véhicule utilitaire transporte une personne et sa cargaison d'un point A à un point B.
Avec Box-on-Wheels, Stellantis explore un modèle différent : le véhicule lui-même devient une partie du système logistique.
L'intelligence artificielle et les technologies de perception doivent permettre au véhicule de se déplacer de manière autonome, tandis que sa connectivité et son intégration aux systèmes logistiques permettraient de coordonner les livraisons et les opérations de flotte.
Stellantis décrit ainsi BOW comme une plateforme réunissant autonomie, électrification, connectivité et services dans une même solution.
Autrement dit : ce n'est plus seulement une voiture intelligente.
C'est potentiellement un robot roulant destiné au monde réel.
Pourquoi l'IA est essentielle
L'autonomie automobile dépend évidemment de beaucoup plus que d'un moteur électrique et de capteurs.
Le véhicule doit comprendre son environnement, interpréter les informations provenant de ses capteurs, anticiper les situations et déterminer comment se déplacer dans un environnement qui n'a rien de parfaitement contrôlé.
C'est là que l'intelligence artificielle devient fondamentale.
UQI Robotics apporte précisément son expertise dans les systèmes autonomes, l'IA et la robotique. L'entreprise indique avoir déjà déployé plus de 7 000 robots dans 66 villes et régions à travers le monde.
Pour Stellantis, l'objectif est ensuite d'adapter cette technologie aux besoins du marché européen et aux réalités opérationnelles des entreprises de livraison.
Et si le futur de la voiture était… sans conducteur ?
C'est peut-être l'aspect le plus intéressant du projet.
Depuis des années, l'industrie automobile imagine principalement l'intelligence artificielle comme quelque chose qui améliore l'expérience du conducteur : assistants vocaux, navigation intelligente, aides à la conduite ou conduite automatisée.
Renault, par exemple, vient récemment de commencer à déployer Gemini de Google dans son système multimédia openR link, y compris sur des véhicules déjà en circulation grâce aux mises à jour à distance.
Stellantis explore ici quelque chose de différent.
Que se passe-t-il lorsque l'IA n'est plus là pour aider l'humain à conduire, mais pour permettre au véhicule d'effectuer lui-même une tâche ?
C'est une évolution importante.
Une première étape, pas encore une révolution commerciale
Il faut toutefois garder les pieds sur terre.
Box-on-Wheels est actuellement un proof of concept, et Stellantis parle encore de phases de validation destinées à évaluer les performances opérationnelles, la valeur pour les clients et la capacité à passer à l'échelle.
Il ne s'agit donc pas encore d'une flotte de véhicules autonomes parcourant massivement les rues françaises.
Mais c'est précisément ce qui rend le concept intéressant.
L'industrie commence à expérimenter des véhicules dans lesquels l'autonomie n'est plus une fonction secondaire, mais le principe même autour duquel le véhicule est conçu.
La prochaine étape de la voiture française ?
Renault décrit déjà sa prochaine génération comme allant au-delà du Software-Defined Vehicle vers ce qu'il appelle l'« AI-defined vehicle » : des véhicules dans lesquels l'intelligence artificielle intervient beaucoup plus profondément dans les fonctions automobiles, notamment les systèmes avancés d'aide à la conduite et les systèmes de châssis intelligents.
Box-on-Wheels représente une autre manifestation de cette même transformation.
La voiture n'est progressivement plus seulement une machine mécanique équipée d'ordinateurs.
Elle devient une plateforme logicielle, électrique et intelligente capable d'interagir avec son environnement et d'accomplir des tâches de manière autonome.
Et si cette technologie arrive réellement à maturité, le changement pourrait dépasser largement la livraison.
Taxis. Transport de marchandises. Navettes. Véhicules de service. Mobilité urbaine.
À terme, la question pourrait ne plus être :
« Quelle voiture allons-nous conduire demain ? »
Mais plutôt :
« Quelles tâches voulons-nous que nos voitures accomplissent pour nous ? »
C'est peut-être là que commence véritablement l'ère de l'IA voiture.
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